Comment Savoir si je Perds de la Densité Osseuse ?

Senior en consultation médicale pour évaluer sa densité osseuse



À Retenir

La perte de densité osseuse est souvent silencieuse et progressive.
Elle se dépiste principalement par un examen appelé ostéodensitométrie, surtout en présence de facteurs de risque ou après 60 ans.
Les signes sont rares au début, d'où l'importance du dépistage préventif chez les personnes à risque.

Points Clés

• Peu ou pas de symptômes au début (maladie « silencieuse »)
• Fracture après choc minime = signal d'alarme
• Un examen médical (ostéodensitométrie) est nécessaire pour confirmer
• Dépistage recommandé : femmes 65+, hommes 70+, plus tôt si facteurs de risque
• Prévention essentielle : calcium, vitamine D, exercice, arrêt tabac

1. Signes et Symptômes Possibles de Perte de Densité Osseuse

La perte de densité osseuse évolue souvent sans douleur pendant des années, mais certains signaux peuvent alerter.

Une Maladie Silencieuse au Début

Pourquoi on ne la sent pas :

Absence de douleur :
La diminution de la densité osseuse ne provoque pas de douleur en elle-même
Les os se fragilisent progressivement sans symptôme
C'est seulement lors d'une fracture qu'on découvre le problème

Évolution lente et progressive :
La perte osseuse se fait sur plusieurs années
Le corps s'adapte graduellement
Pas de signal d'alarme précoce

D'où le surnom de « maladie silencieuse » :
Comme l'hypertension ou le diabète
Peut progresser sans qu'on s'en rende compte
Importance cruciale du dépistage

Comparaison :
• Contrairement à l'arthrose qui fait mal
• Contrairement à l'arthrite qui provoque inflammation et douleur
• L'ostéoporose ne donne aucun symptôme avant la fracture

Signaux D'alerte à ne Pas Ignorer

Fractures après traumatisme minime :

Fracture de fragilité :
Fracture survenant après un choc léger
Chute de sa hauteur ou moins
Simple faux mouvement
Traumatisme qui ne devrait pas casser un os normal

Localisations typiques :

1. Poignet :
Souvent première fracture ostéoporotique
En se rattrapant lors d'une chute
Fracture de Pouteau-Colles
Signal d'alarme important

2. Vertèbres :
Tassement vertébral
Peut survenir sans chute (simplement en se penchant)
Douleur dorsale brutale
Ou parfois aucune douleur

3. Col du fémur (hanche) :
Fracture la plus grave
Survient généralement après 70 ans
Chute banale qui brise la hanche
Nécessite hospitalisation et chirurgie

4. Autres sites :
Côtes (parfois en toussant)
Bassin
Humérus (épaule)

Si vous avez déjà eu une fracture de fragilité :
Le risque d'en avoir une autre est multiplié par 2
Il FAUT consulter et faire un bilan
Un traitement peut prévenir les fractures suivantes

Perte de taille progressive :

Tassements vertébraux multiples :
Réduction de la hauteur des vertèbres
Accumulation sur plusieurs vertèbres
Entraîne une diminution de la taille

Signes à surveiller :
Perte de 3-4 cm ou plus par rapport à la taille adulte jeune
Vêtements qui deviennent trop longs
Difficulté à atteindre les étagères hautes qu'on atteignait avant

Autres conséquences :
Cyphose dorsale (dos vouté, « bosse de la veuve »)
Ventre proéminent
Difficultés respiratoires (cage thoracique réduite)
Troubles digestifs (compression abdominale)
Douleurs dorsales chroniques

Douleurs dorsales persistantes :

Après tassement vertébral :
Douleur aiguë lors du tassement
Puis douleur chronique possible
Aggravée en position debout prolongée
Soulagée en position couchée

Attention :
Beaucoup de douleurs dorsales ne sont PAS liées à l'ostéoporose
Peuvent être musculaires, articulaires, et cetera

L'absence de Symptômes N'exclut Pas la Maladie

Message crucial :

• Vous pouvez avoir une densité osseuse très basse sans aucun symptôme
• L'absence de douleur ne signifie pas absence de fragilité
• Ne pas attendre les symptômes pour se faire dépister
• Le dépistage doit être fait AVANT la première fracture

Pourquoi c'est important :

Après la première fracture :
Risque multiplié pour les suivantes
Complications possibles (hospitalisation, perte d'autonomie)
Qualité de vie réduite
Coût humain et économique élevé

Avec dépistage précoce :
Traitement préventif possible
Réduction du risque de fracture de 30-50%
Maintien de l'autonomie
Prévention des complications

Analogie :
Comme pour le cholestérol ou l'hypertension :
• On ne sent rien
• Mais il faut quand même surveiller
• Et traiter si nécessaire
• Pour éviter les complications graves

2. Examens pour Évaluer la Densité Osseuse

L'ostéodensitométrie est l'examen de référence pour mesurer la densité minérale osseuse et évaluer le risque de fracture.

Ostéodensitométrie (Dxa) : L'examen de Référence

Qu'est-ce que c'est ?

Nom complet : absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA ou DEXA)
Principe : rayons X de très faible dose qui traversent l'os
Mesure : densité minérale osseuse (DMO) en g/cm²

Comment ça se passe ?

Autres Examens Complémentaires

Radiographies standard :

• Ne mesurent PAS la densité osseuse
• Mais peuvent montrer :
Fractures vertébrales (tassements)
Déformations osseuses
Déminéralisation sévère (apparence « transparente » des os)

Limites :
Détectent seulement perte osseuse importante (> 30%)
Pas assez sensibles pour dépistage précoce

Scanner quantitatif (QCT) :
• Mesure volumétrique de la densité osseuse
• Plus précis pour certaines zones
• Mais irradiation plus importante
• Coût élevé
• Peu utilisé en routine

Échographie osseuse quantitative :
• Mesure au niveau du talon
• Sans rayons X
• Rapide et peu coûteux
• Mais moins précis que DXA
• Utilisé pour dépistage de masse
• Si anomalie → confirmation par DXA

Marqueurs biologiques du remodelage osseux :

Prise de sang ou urine
• Mesurent :
Marqueurs de formation osseuse (ostéocalcine, PAL osseuses)
Marqueurs de résorption osseuse (CTX, NTX)

Utilité :
Évaluer l'activité du remodelage
Prédire la vitesse de perte osseuse
Suivre l'efficacité d'un traitement

Limites :
Ne remplacent pas la densitométrie
Variabilité importante
Interprétation délicate

Bilan biologique complémentaire :

Systématique en cas d'ostéoporose pour rechercher causes secondaires :
• Calcium et phosphore sanguins
• Vitamine D (25-OH-vitamine D)
• PTH (parathormone)
• TSH (fonction thyroïdienne)
• Créatinine (fonction rénale)
• NFS (numération formule sanguine)
• VS, CRP (inflammation)
• Électrophorèse des protéines (myélome)
• Testostérone (hommes)

3. Facteurs de Risque de Perte de Densité Osseuse

Certains facteurs augmentent le risque de fragilité osseuse avec l'âge.

Facteurs Non Modifiables

Âge :
• Perte osseuse naturelle dès 30-35 ans
• Accélération après la ménopause (femmes)
• Accélération après 70 ans (hommes)
• Plus on vieillit, plus le risque augmente

Sexe :
Femmes : 4 fois plus touchées que les hommes
Ménopause = chute des œstrogènes
Perte osseuse rapide les 5-10 premières années post-ménopause
Pic de masse osseuse plus faible que les hommes
Espérance de vie plus longue

Hommes :
Risque augmente après 70 ans
Baisse progressive de testostérone
Fractures plus graves quand elles surviennent

Ménopause précoce :
• Avant 45 ans
• Naturelle ou chirurgicale (ablation ovaires)
• Perte des œstrogènes plus tôt
• Durée d'exposition au risque plus longue
• Risque très augmenté

Antécédents familiaux :
• Parent direct avec ostéoporose
• Antécédent familial de fracture de hanche
• Composante génétique importante
• Risque multiplié par 2-3

Morphologie :
• Petite taille, ossature fine
• Faible poids (IMC < 19)
• Pic de masse osseuse plus faible

Origine ethnique :
• Caucasiens et Asiatiques plus à risque
• Africains moins touchés (densité osseuse plus élevée)

Facteurs Modifiables (sur Lesquels on Peut Agir)

Carences nutritionnelles :

Calcium insuffisant :
Besoin : 1000-1200 mg/jour
Sources : produits laitiers, eaux minérales riches en calcium, légumes verts, amandes, sardines
Carence → résorption osseuse accrue

Vitamine D insuffisante :
Essentielle pour absorption du calcium
Synthèse cutanée (soleil) + alimentation
Carence très fréquente chez seniors (> 80%)
Dosage sanguin recommandé
Supplémentation souvent nécessaire

Protéines insuffisantes :
Nécessaires pour matrice osseuse
1 à 1,2 g/kg/jour recommandé

Excès de sel :
Augmente l'élimination urinaire de calcium
Limiter à 5-6 g/jour

Excès de caféine :
Peut diminuer absorption calcium
Modération recommandée (< 4 cafés/jour)

Mode de vie :

Sédentarité :
Absence de stimulation mécanique de l'os
Perte osseuse accélérée
Alitement prolongé = perte rapide

Tabac :
Effet toxique direct sur cellules osseuses
Diminue absorption intestinale calcium
Ménopause plus précoce
Risque fracture multiplié par 1,5-2

Alcool :
Excès (> 2-3 verres/jour) diminue formation osseuse
Augmente risque de chutes
Malnutrition souvent associée

Maigreur excessive :
IMC < 19
Manque de réserves
Moins de stimulation mécanique
Carences fréquentes

Chutes :
• Facteurs favorisant les chutes augmentent risque de fracture
• Troubles de l'équilibre
• Faiblesse musculaire
• Troubles visuels
• Médicaments sédatifs
• Environnement inadapté

Pour renforcer votre santé osseuse naturellement, consultez notre article sur 3 moyens naturels pour améliorer votre santé osseuse.

Causes Médicales (Ostéoporose Secondaire)

Maladies endocriniennes :
• Hyperthyroïdie
• Hyperparathyroïdie
• Syndrome de Cushing
• Hypogonadisme (baisse hormones sexuelles)
• Diabète type 1

Maladies digestives :
• Maladie cœliaque
• Maladie de Crohn
• Malabsorption intestinale
• Gastrectomie
• Insuffisance pancréatique

Maladies rhumatismales :
• Polyarthrite rhumatoïde
• Spondylarthrite ankylosante
• Lupus

Maladies rénales :
• Insuffisance rénale chronique
• Hypercalciurie (perte urinaire calcium)

Maladies hématologiques :
• Myélome multiple
• Lymphome
• Leucémies

Autres :
• Anorexie mentale
• BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)
• Transplantation d'organe
• VIH

Médicaments :

Corticoïdes (cortisone) :
Cause la plus fréquente d'ostéoporose secondaire
Risque dès 3 mois de traitement
Dose > 5 mg/jour de prednisone
Effet dose et durée-dépendant

Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) :
Oméprazole, lansoprazole, et cetera

4. Quand Consulter et Faire un Dépistage ?

Le dépistage précoce permet de prévenir les fractures avant qu'elles ne surviennent.

Recommandations Officielles de Dépistage

En France (HAS - Haute Autorité de Santé) :

Femmes ≥ 65 ans : dépistage systématique recommandé
Hommes ≥ 70 ans : dépistage recommandé
Femmes ménopausées < 65 ans : si facteurs de risque
Hommes < 70 ans : si facteurs de risque

Facteurs de risque justifiant un dépistage précoce :

• Antécédent personnel de fracture de fragilité
• Antécédent familial de fracture de hanche (parents)
• IMC < 19 kg/m²
• Ménopause avant 40 ans
• Corticothérapie prolongée (≥ 3 mois) ou en cours
• Autres traitements à risque
• Maladies favorisant l'ostéoporose
• Consommation excessive d'alcool ou tabagisme actif

Après une fracture de fragilité :
• Dépistage IMMÉDIAT
• Quel que soit l'âge
• Car risque très augmenté de récidive
• Traitement souvent nécessaire

Qui Consulter ?

Médecin traitant :
• Premier interlocuteur
• Évalue les facteurs de risque
• Prescrit l'ostéodensitométrie si indiquée
• Peut initier le traitement si ostéoporose
• Coordonne le suivi

Rhumatologue :
• Spécialiste des maladies osseuses et articulaires
• Consultation si :
Ostéoporose confirmée
Cas complexe
Ostéoporose sévère
Fractures multiples
Ostéoporose secondaire à investiguer
Échec ou intolérance au traitement

Endocrinologue :
• Si cause hormonale suspectée
• Hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie
• Hypogonadisme

Gynécologue :
• Pour les femmes
• Ménopause précoce
• Discussion traitement hormonal substitutif

Gériatre :
• Pour personnes âgées fragiles
• Approche globale
• Prévention des chutes
• Coordination des soins

5. Prévention et Actions à Mettre en Place

Des mesures simples peuvent ralentir la perte de densité osseuse et prévenir les fractures.

Alimentation : Calcium et Vitamine d

Calcium :

Besoins quotidiens :
1000 mg/jour (adultes)
1200 mg/jour (femmes ménopausées et hommes > 65 ans)

Sources alimentaires :

Produits laitiers (meilleure source) :
• 1 verre de lait (250 ml) = 300 mg
• 1 yaourt = 150-180 mg
• 30g de fromage à pâte dure (emmental, comté) = 250-300 mg
• Fromage blanc (100g) = 100-120 mg

Eaux minérales riches en calcium :
• Hépar, Courmayeur, Contrex, Vittel
• 1L = 400-600 mg selon la marque

Légumes verts :
• Choux, brocolis, épinards
• Moins bien absorbé mais utile

Autres sources :
• Amandes (75 mg/30g)
• Sardines en boîte avec arêtes (400 mg/100g)
• Tofu (calcium ajouté)
• Figues sèches

Supplémentation :
Si apports alimentaires insuffisants
500-1000 mg/jour en complément
Carbonate de calcium (le moins cher)
Citrate de calcium (mieux absorbé si estomac peu acide)
À prendre en 2 prises (matin et soir)
Avec les repas pour carbonate

Vitamine D :

Rôle essentiel :
Permet l'absorption intestinale du calcium
Favorise la minéralisation osseuse
Action sur les muscles (prévention chutes)

Sources :

Soleil (principale source) :
• 15-20 minutes/jour, visage et bras exposés
• Difficile en hiver, personnes âgées, maisons de retraite
• Crèmes solaires bloquent la synthèse

Alimentation (sources limitées) :
• Poissons gras : saumon, maquereau, sardines, hareng
• Huile de foie de morue
• Jaune d'œuf
• Foie
• Produits enrichis (lait, céréales)

Supplémentation :
INDISPENSABLE chez la plupart des seniors
Carence très fréquente (> 80% des > 65 ans)

Doses :
• 800-1000 UI/jour (maintenance)
• Ou 80 000-100 000 UI tous les 2-3 mois
• Dosage sanguin pour ajuster (objectif 25-OH-vitamine D > 30 ng/ml)

Formes :
• Vitamine D3 (cholécalciférol) - la plus efficace
• Gouttes, ampoules, comprimés
• Souvent combinée avec calcium

Autres nutriments importants :
• Protéines : 1-1,2 g/kg/jour
• Magnésium
• Vitamine K
• Phosphore
• Zinc

Activité Physique : Essentielle pour les os

Pourquoi l'exercice est crucial :

Stimulation mécanique :
La contrainte mécanique stimule la formation osseuse
L'os s'adapte aux sollicitations
« Use it or lose it » (ce qui ne sert pas se perd)

Renforcement musculaire :
Les muscles tirent sur les os
Plus les muscles sont forts, plus ils stimulent l'os

Équilibre et coordination :
Prévention des chutes
Réduction du risque de fracture

Types d'exercices recommandés :

Exercices avec port de poids (weight-bearing) :
Les pieds supportent le poids du corps
Impact sur le squelette

Marche rapide : 30-45 min, 5 fois/semaine
Montée d'escaliers
Danse
Tai-chi, qi gong
Tennis, badminton (si capacité)
Jogging léger (si pas de contre-indication)

Renforcement musculaire :
Avec poids légers, élastiques, ou poids du corps
2-3 séances/semaine
Tous les groupes musculaires
Squats, fentes (si possible)
Pompes murales
Exercices avec haltères légers

Exercices d'équilibre :
Station sur un pied
Marche talon-pointe
Tai-chi
Yoga doux
Prévention des chutes

Exercices d'assouplissement :
Étirements
Maintien de la mobilité
Yoga, Pilates adapté

Précautions :
• Éviter mouvements brusques de flexion en avant
• Éviter torsions importantes du tronc
• Pas de trampoline, sports avec chutes fréquentes
• Adapter à ses capacités
• Progressivité
• Avis médical si ostéoporose sévère

À éviter :
• Immobilité prolongée
• Alitement sans raison
• Sédentarité

Pour des conseils pratiques sur les exercices, consultez notre article sur 4 conseils pour développer la densité osseuse de la hanche.

Mode de Vie Sain

Arrêt du tabac :
• Priorité absolue
• Effet toxique direct sur l'os
• Arrêter à tout âge est bénéfique
• Aide disponible (substituts nicotiniques, soutien psychologique)

Limitation de l'alcool :
• Maximum 1-2 verres/jour occasionnellement
• Éviter consommation quotidienne excessive
• Alcoolisme = facteur de risque majeur

Maintien d'un poids santé :
• IMC entre 20 et 25 idéalement
• Éviter maigreur (IMC < 19)
• Éviter obésité importante aussi (risque chutes)
• Perte de poids progressive si surpoids

Exposition solaire modérée :
• 15-20 min/jour visage et bras
• En milieu de journée (11h-15h)
• Sans écran solaire pour synthèse vitamine D
• Puis protection solaire si exposition prolongée
• Équilibre à trouver (synthèse D vs risque cutané)

Prévention des Chutes

Aménagement du domicile :

Éclairage :
Lumière suffisante partout
Veilleuses la nuit
Interrupteurs accessibles
Lampe de chevet à portée de main

Sol :
Retirer tapis glissants
Fixer les tapis
Éviter fils électriques traînants
Nettoyer immédiatement les liquides renversés
Sol non glissant dans salle de bain

Salle de bain :
Barres d'appui (douche, WC)
Tapis antidérapant
Siège de douche
Hauteur WC adaptée

Escaliers :
Rampes des deux côtés
Éclairage optimal
Marches antidérapantes
Bandes contrastées sur bord des marches

Rangements :
Objets usuels à hauteur accessible
Éviter de grimper sur tabouret
Escabeau stable si nécessaire

Équipements personnels :
• Chaussures adaptées (semelles antidérapantes, pas de talons)
• Lunettes à jour
• Canne ou déambulateur si nécessaire
• Pas de honte à utiliser une aide technique

Santé générale :
• Traiter troubles de l'équilibre
• Vérifier la vue régulièrement
• Adapter les médicaments (éviter sédatifs si possible)
• Traiter hypotension orthostatique
• Maintenir force musculaire
• Exercices d'équilibre

6. Traitements Médicaux de L'ostéoporose

Si l'ostéoporose est confirmée, des traitements médicamenteux peuvent réduire significativement le risque de fracture.

Quand un Traitement Est-il Nécessaire ?

Indications du traitement (selon HAS) :

Après fracture de fragilité :
Vertèbre, col du fémur, poignet, bassin, humérus
Quel que soit le T-score
Traitement INDISPENSABLE

T-score ≤ -3 :
Ostéoporose sévère
Risque fracturaire très élevé
Traitement recommandé même sans fracture

T-score entre -2,5 et -3 :
Selon facteurs de risque cliniques
Âge avancé
Antécédents familiaux
Facteurs de risque de chute
IMC bas
Corticothérapie

Ostéopénie avec facteurs de risque importants :
Cas particuliers
Évaluation individuelle

Objectif du traitement :
• Réduire le risque de fracture de 30-50%
• Stabiliser ou augmenter légèrement la densité osseuse
• Prévenir les fractures suivantes
• Maintenir l'autonomie et la qualité de vie

Principaux Traitements Disponibles

Bisphosphonates (traitement de première ligne) :

Mécanisme : ralentissent la résorption osseuse
Molécules : alendronate, risédronate, ibandronate, zolédronate
Efficacité : réduction fractures 30-50%
Administration :
Comprimés hebdomadaires (alendronate, risédronate)
Comprimés mensuels (ibandronate)
Perfusion annuelle (zolédronate)

Contraintes de prise :
À jeun, 30 min avant petit-déjeuner
Avec grand verre d'eau du robinet
Rester debout/assis 30 min après
Ne pas se recoucher

Effets secondaires :
Troubles digestifs (reflux, douleurs abdominales)
Douleurs musculo-squelettiques parfois
Risques rares : ostéonécrose de la mâchoire, fracture atypique du fémur

Durée : généralement 3-5 ans, puis réévaluation

Dénosumab (Prolia®) :
• Anticorps monoclonal injectable
• Injection sous-cutanée tous les 6 mois
• Très efficace sur la densité osseuse
• Alternative si intolérance ou contre-indication bisphosphonates
• Attention à l'arrêt (rebond de résorption osseuse)

Raloxifène (SERM) :
• Modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes
• Comprimé quotidien
• Efficace surtout sur fractures vertébrales
• Réservé aux femmes ménopausées
• Moins puissant que bisphosphonates

Tériparatide et analogues (PTH) :
• Stimulent la formation osseuse
• Injection quotidienne (stylo)
• Ostéoporose sévère avec fractures multiples
• Durée limitée (18-24 mois)
• Puis relais par antirésorbant
• Coût élevé

Romosozumab :
• Médicament récent
• Double action : stimule formation + inhibe résorption
• Injection mensuelle pendant 12 mois
• Ostéoporose sévère à haut risque fracturaire
• Puis relais par antirésorbant

Traitement hormonal substitutif (THS) :
• Œstrogènes +/- progestatifs
• Efficace sur l'os
• Mais risques cardiovasculaires et cancer sein
• Réservé aux femmes avec symptômes ménopausiques invalidants
• Ménopause récente
• Durée limitée
• Balance bénéfice/risque à évaluer individuellement

Supplémentation calcium + vitamine D :
• Systématique en complément de tout traitement
• Ou seule si ostéopénie sans autre indication

Suivi du traitement :
• Contrôle ostéodensitométrie après 2-3 ans
• Marqueurs biologiques parfois
• Observance cruciale
• Effets secondaires à signaler
• Réévaluation régulière de l'indication

La meilleure façon de détecter une perte de densité osseuse reste le dépistage avant la première fracture.
Une fois qu'une fracture survient, le risque de récidive est multiplié par deux.

Spécialiste en rhumatologie
Comparaison entre un os sain et un os fragilisé par la perte de densité osseuse

FAQ

La perte de densité osseuse provoque-t-elle des douleurs ?

Pas nécessairement.
L'ostéoporose est souvent silencieuse jusqu'à la survenue d'une fracture.
La diminution de la densité osseuse en elle-même ne provoque pas de douleur.
C'est pourquoi on parle de « maladie silencieuse ».
Les douleurs apparaissent généralement lors d'une fracture, notamment un tassement vertébral, ou après une fracture.
C'est pour cette raison que le dépistage par ostéodensitométrie est si important, surtout après 60 ans.

À partir de quel âge faire une ostéodensitométrie ?

Généralement après 60-65 ans pour les femmes et 70 ans pour les hommes, selon les recommandations officielles.
Cependant, un dépistage plus précoce est recommandé en présence de facteurs de risque : ménopause précoce (avant 40 ans), antécédent de fracture de fragilité, traitement prolongé par corticoïdes, antécédents familiaux de fracture de hanche, maigreur (IMC < 19), ou maladies favorisant l'ostéoporose.
En cas de doute, parlez-en à votre médecin traitant.

Peut-on stopper la perte de densité osseuse ?

On peut la ralentir significativement grâce à une bonne hygiène de vie et, si besoin, un traitement médical.
Les mesures préventives incluent : apports suffisants en calcium (1000-1200 mg/jour) et vitamine D (supplémentation souvent nécessaire), activité physique régulière avec port de poids et renforcement musculaire, arrêt du tabac, limitation de l'alcool, et prévention des chutes.
Si l'ostéoporose est confirmée, les traitements médicamenteux peuvent réduire le risque de fracture de 30 à 50% et stabiliser voire améliorer légèrement la densité osseuse.

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