Comment S'occuper D'un Proche Atteint de Démence ?
Sommaire
- À Retenir
- Points Clés
- 1. Comprendre la Démence pour Mieux Accompagner
- Qu'est-ce Que la Démence ?
- Une Évolution Progressive par Stades
- La Personne Reste une Personne
- 2. Proposer des Activités et Routines Adaptées
- Importance des Routines Rassurantes
- Activités Adaptées : Exemples Concrets
- Éviter Sur-stimulation et Fatigue
- 3. Adapter sa Communication et Gérer les Comportements Difficiles
- Principes de Communication Adaptée
- Gérer les Troubles du Comportement
- Situations Spécifiques
- 4. Aménagement du Domicile et Sécurité
- Principes D'aménagement
- Sécurité Pièce par Pièce
- 5. Préserver la Santé et L'équilibre de L'aidant
- Risques D'épuisement (Burn-out Aidant)
- Stratégies de Préservation
- Aides Financières et Droits
- FAQ
À Retenir
S'occuper d'un proche atteint de démence demande patience, adaptation constante et une grande bienveillance.
L'accompagnement démence repose sur des routines rassurantes, des activités démence senior simples et adaptées, une communication ajustée et surtout un soutien aidants indispensable.
L'aidant familial démence doit aussi penser à préserver sa propre santé physique et mentale pour tenir sur la durée.
Points Clés
• La démence affecte mémoire, raisonnement et comportement progressivement
• La personne reste sensible aux émotions et à la qualité de la relation
• Adapter environnement, communication et activités selon l'évolution
• Maintenir routines rassurantes et repères temporels
• Préserver dignité et autonomie autant que possible
• L'aidant doit impérativement se faire aider et prendre du répit
• Ressources d'aide proche soin existent : ne restez pas seul
1. Comprendre la Démence pour Mieux Accompagner
La démence affecte progressivement la mémoire, le raisonnement et le comportement de votre proche.
Qu'est-ce Que la Démence ?
Définition :
• Syndrome (ensemble symptômes) causé par diverses maladies cérébrales
• Déclin progressif et irréversible des fonctions cognitives
• Retentissement significatif sur autonomie et vie quotidienne
Principales causes :
• Maladie d'Alzheimer : 60-70% des démences
Dégénérescence neuronale (plaques amyloïdes, dégénérescence neurofibrillaire)
Début insidieux, progression lente
• Démence vasculaire : 15-20%
Accident vasculaire cérébral, lésions vasculaires multiples
Évolution par paliers
• Démence à corps de Lewy : 10-15%
Fluctuations cognitives marquées
Hallucinations visuelles fréquentes
Troubles moteurs parkinsoniens
• Démence fronto-temporale : plus rare, début précoce
Troubles comportementaux et personnalité au premier plan
• Formes mixtes : combinaison (ex : Alzheimer + vasculaire)
Fonctions atteintes :
• Mémoire :
Court terme d'abord (oublier ce qui vient d'être dit)
Puis long terme (souvenirs anciens)
Difficulté apprendre informations nouvelles
• Langage :
Manque du mot
Difficultés compréhension
Discours confus, répétitif
Mutisme stades avancés
• Orientation :
Temporelle (date, saison)
Spatiale (se perdre)
Personne (ne plus reconnaître proches)
• Raisonnement, jugement :
Difficultés résolution problèmes
Décisions inadaptées
Perte sens critique
• Fonctions exécutives :
Planification, organisation
Gestion tâches complexes
Initiation actions
• Praxies (gestes) :
Difficultés habillage, utilisation objets
• Gnosies (reconnaissance) :
Objets, visages, lieux
• Comportement, personnalité :
Apathie, irritabilité, agitation
Désinhibition
Idées délirantes, hallucinations
Troubles sommeil, appétit
Une Évolution Progressive par Stades
Stade léger (début) :
• Oublis fréquents (RDV, conversations récentes)
• Difficultés trouver mots
• Désorientation temporelle
• Difficultés tâches complexes (finances, cuisine élaborée)
• Début retrait social
• Autonomie globalement préservée pour actes essentiels
• Conscience troubles (inquiétude, déni parfois)
Stade modéré (intermédiaire) :
• Oublis importants, mémoire récente très altérée
• Désorientation spatiale (se perd dans lieux familiers)
• Difficultés reconnaître personnes
• Langage appauvri, répétitions
• Besoin aide actes quotidiens (habillage, toilette, repas)
• Troubles comportement (agitation, errance, agressivité possible, idées délirantes)
• Perte jugement, raisonnement
• Dépendance croissante
Stade sévère (avancé) :
• Perte quasi-totale mémoire et langage
• Ne reconnaît plus proches
• Communication très limitée (mots isolés, cris, gémissements)
• Dépendance totale (alimentation, hygiène, mobilité)
• Troubles déglutition, incontinence
• Grabatisation
• Complications médicales (infections, escarres, dénutrition)
• Fin de vie
Durée variable :
• En moyenne 8-10 ans après diagnostic
• Mais grande variabilité (3-20 ans)
• Progression non linéaire
• Fluctuations jour à jour
Important :
• Chaque personne unique
• Évolution non prédictible précisément
• Adaptation permanente nécessaire
La Personne Reste une Personne
Malgré troubles cognitifs :
• Émotions préservées :
Ressent joie, peur, tristesse, colère
Sensible à ton voix, attitudes
Capte ambiance, tensions
Réagit à l'affection
• Besoin d'être aimé, reconnu
• Dignité à respecter absolument
• Histoire de vie, identité :
Même si mémoire défaillante
Souvenirs anciens parfois préservés longtemps
Émotions liées au passé présentes
• Capacités résiduelles :
Gestes automatiques (brosser cheveux, chantonner)
Reconnaissance musique, saveurs
Sensations corporelles
• Besoin de relation, contact humain
Votre attitude = essentielle :
• Bienveillance
• Respect
• Patience
• Valorisation
• Maintien lien affectif
« Ce n'est pas la maladie qui est devant vous, c'est votre proche »
2. Proposer des Activités et Routines Adaptées
Les activités démence senior simples et répétitives apportent repères, apaisement et maintien capacités.
Importance des Routines Rassurantes
Pourquoi routines essentielles :
• Repères temporels :
Structure la journée
Réduit désorientation
Anticipe ce qui va se passer
Sécurité psychologique
• Automatismes préservés :
Gestes répétés = plus faciles
Moins d'effort cognitif
Sentiment compétence maintenu
• Réduction anxiété :
Prévisibilité apaise
Évite surprises déstabilisantes
Mettre en place routines :
• Horaires fixes :
Lever, coucher
Repas
Toilette
Activités
• Ordre immuable :
Mêmes gestes, même séquence
Ex : toilette → habillage → petit-déjeuner → promenade
• Rituels apaisants :
Café du matin à heure précise
Promenade après-midi
Journal télévisé (repère)
Tisane avant coucher
• Flexibilité nécessaire :
Adapter selon humeur, fatigue du jour
Routine = cadre, pas carcan
Si résistance : ne pas forcer, réessayer plus tard
• Repères visuels :
Horloge simple, grand cadran
Calendrier avec date du jour entourée
Étiquettes (« salle de bain », etc.)
Photos
Activités Adaptées : Exemples Concrets
Principes généraux :
• Simple : une étape à la fois
• Familier : lié au passé, habitudes
• Sensoriel : sollicite sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût)
• Valorisant : réussite possible, sentiment d'utilité
• Court : attention limitée (15-30 min max souvent)
• Adapté au stade : ni trop facile (infantilisant), ni trop difficile (échec frustrant)
• Plaisir avant performance
Activités mémoire et stimulation cognitive (stades légers-modérés) :
• Albums photos :
Photos famille, jeunesse
Commenter ensemble
Raconter souvenirs
Ancre dans identité
Attention : peut aussi attrister si perte conscience
• Musique :
Chansons jeunesse, musique aimée
Écoute, chant (paroles souvent préservées)
Danse douce si possible
Effet apaisant, stimulant, joyeux
Mémoire musicale souvent longtemps intacte
• Lecture (stades légers) :
Journaux, livres simples
Lire à voix haute pour votre proche
Images commentées
• Jeux simples :
Cartes (jeux très simples : mémoire, appariement)
Puzzles (gros morceaux, images familières)
Dominos, loto
Éviter jeux complexes, compétitifs
• Réminiscence :
Évoquer passé (métier, lieux de vie, événements marquants)
Objets anciens (outils, vêtements)
Documentaires époque
Activités créatives et manuelles :
• Coloriage, peinture :
Dessins simples à colorier
Peinture libre (doigts, pinceaux)
Expression, détente
Aucun jugement esthétique
• Pâte à modeler, terre glaise :
Stimulation tactile
Créativité sans contrainte
• Activités textiles :
Trier boutons, laine
Plier linge (geste familier, utile)
Tricoter (si capacité préservée)
• Collages :
Découper images, coller
Manipulation, créativité
Activités de la vie quotidienne (valorisantes) :
• Cuisine simplissime :
Éplucher légumes (sous surveillance sécurité)
Mélanger pâte
Disposer couverts
Participation = valorisation
• Ménage léger :
Passer chiffon
Plier serviettes
Arroser plante
Sentiment utilité
• Jardinage adapté :
Arroser
Toucher terre, plantes
Sensoriel, apaisant
Extérieur bénéfique
• Mettre/débarrasser table :
Gestes automatiques
Participation repas
Activités sensorielles et relaxation :
• Massage mains, pieds :
Contact apaisant
Crème parfumée
Moment privilégié
• Aromathérapie :
Senteurs lavande, agrumes
Relaxation
• Bain/douche :
Moment soin, détente
Chaleur apaisante
• Observation nature :
Regarder oiseaux, jardin
Toucher feuilles, fleurs
Calme
• Animaux :
Caresser chat, chien
Zoothérapie bénéfique
Affection, présence
Sorties et activités sociales (selon stade) :
• Promenades :
Quartier familier
Courtes, régulières
Air, mouvement, stimulation
• Courses (accompagné) :
Marché, boulangerie
Lien social, repères
• Visites famille, amis :
Courtes (fatigue)
Environnement calme
Maintien lien social essentiel
• Accueil de jour :
Structure spécialisée
Activités encadrées
Socialisation
Répit pour aidant
Adapter selon réaction :
• Si agitation, refus : ne pas insister
• Proposer autre chose
• Réessayer plus tard
• Observer ce qui plaît, déplaît
• Individualiser
Éviter Sur-stimulation et Fatigue
Signes fatigue, sur-stimulation :
• Agitation accrue
• Irritabilité
• Confusion augmentée
• Refus
• Repli
Prévention :
• Activités courtes
• Pauses régulières
• Environnement calme (pas trop bruit, monde)
• Respecter rythmes (sieste si besoin)
• Fin journée = souvent plus difficile (« syndrome crépusculaire ») → activités calmes
3. Adapter sa Communication et Gérer les Comportements Difficiles
La communication verbale devient difficile ; le non-verbal et l'attitude priment dans l'accompagnement démence.
Principes de Communication Adaptée
Attitude générale :
• Calme, douceur
• Patience : laisser temps réponse
• Bienveillance : pas de jugement, reproche
• Contact visuel : se mettre à hauteur, face à face
• Sourire, expression rassurante
• Toucher affectueux (main, épaule) si accepté
Parole :
• Phrases courtes, simples
• Un message à la fois
• Mots concrets, familiers
• Voix posée, chaleureuse (ton + important que mots souvent)
• Répéter si nécessaire, sans impatience
• Reformuler différemment si incompréhension
Questions :
• Fermées (oui/non) plutôt qu'ouvertes
Ex : « Veux-tu du thé ? » plutôt que « Que veux-tu boire ? »
• Choix limité : 2 options max
« Pomme ou banane ? » plutôt que « Quel fruit ? »
• Éviter « Tu te souviens... ? » → met en échec
Plutôt : « Quand tu étais jeune, tu travaillais à... » (affirmatif, aide)
Langage non-verbal (primordial) :
• Gestes : montrer en parlant
• Mimiques : exprimer émotions clairement
• Posture : ouverte, non menaçante
• Proxémique : distance adaptée (ni trop loin, ni envahissant)
Écoute :
• Valider émotions même si propos confus
« Je vois que tu es inquiet »
• Ne pas contredire systématiquement
Si dit chose fausse (« Je dois aller travailler » alors retraité depuis 20 ans) :
→ Ne pas dire « Mais non, tu es à la retraite ! »
→ Plutôt : « Ah, tu penses à ton travail. Raconte-moi. » Puis orienter doucement vers réalité ou distraire
• Entrer dans son monde plutôt que le ramener au nôtre de force
Ce qu'il faut éviter :
• Parler comme à un enfant (infantilisation)
• Parler de la personne devant elle comme si absente
• Hausser ton (même si n'entend pas bien : articuler plutôt)
• Précipitation
• Argumentation, confrontation logique
• Dire « Tu as déjà demandé ça 10 fois ! »
• Mentir (sauf mensonge thérapeutique si vraiment nécessaire, avec parcimonie)
Gérer les Troubles du Comportement
Troubles fréquents :
• Agitation, agressivité (verbale, physique)
• Errance, déambulation
• Cris, répétitions incessantes
• Opposition, refus soins
• Accusations (vol, abandon)
• Idées délirantes, hallucinations
• Désinhibition (propos, gestes inappropriés)
• Apathie extrême
Comprendre causes possibles :
• Besoins non exprimés :
Douleur (constipation, infection urinaire, dentaire)
Faim, soif
Besoin toilettes
Froid, chaud
Fatigue
Inconfort (vêtement serré, position)
• Peur, anxiété :
Environnement non familier
Personnes inconnues
Incompréhension situation
Sentiment abandon, danger
• Ennui, sur/sous-stimulation
• Réaction à notre attitude (stress transmis)
• Évolution maladie (symptômes neurologiques)
Stratégies de gestion :
• Rester calme :
Respirer
Ne pas prendre personnellement (c'est la maladie)
Baisser ton, ralentir
• Identifier cause :
Check-list : douleur ? soif ? toilettes ? environnement ?
Traiter cause = résout souvent comportement
• Rassurer :
Présence apaisante
Voix douce
Contact physique si accepté
« Je suis là, tout va bien »
• Distraire, détourner attention :
Proposer activité plaisante
Changer de pièce
Parler d'autre chose
Souvent efficace (mémoire courte)
• Valider émotions sans alimenter délire :
Si dit « On m'a volé mon sac » :
→ « Tu es inquiète pour ton sac. Cherchons-le ensemble. » (puis distraire)
Pas : « Personne ne t'a volé, tu l'as perdu ! »
• Éviter confrontation :
Lâcher prise sur détails
Si veut sortir en pyjama et pas dangereux : pourquoi pas
Batailles = épuisantes et inutiles souvent
• Adapter environnement :
Réduire stimuli si agitation
Ajouter activité si ennui
Sécuriser si errance
• Donner espace si besoin :
S'éloigner quelques minutes
Revenir quand calmé
Surveiller sécurité
• Si agressivité physique :
Protéger vous et votre proche
S'écarter
Appeler aide si nécessaire
Consulter médecin (traitement possible)
Évaluer maintien domicile vs structure
• Prévention :
Routines
Environnement stable, rassurant
Activités adaptées
Anticiper besoins
Gérer notre propre stress
Situations Spécifiques
Refus soins (toilette, médicaments) :
• Ne pas forcer
• Réessayer plus tard (mémoire courte : peut accepter 30 min après)
• Expliquer simplement, rassurer
• Faire participer (« Tiens le gant »)
• Rendre agréable (musique, parfum)
• Respecter pudeur
• Si refus persistant médicaments essentiels : médecin (forme galénique alternative ?)
Errance, fugues :
• Sécuriser domicile (verrous hauts sur portes, alarmes)
• Laisser déambuler en intérieur si sécurisé
• Accompagner promenades extérieures
• Bracelet identification
• Prévenir voisins
• Si fugue : appeler immédiatement police, pompiers
• Dispositif géolocalisation (débat éthique, mais sécurité)
Questions répétées :
• Répondre patiemment à chaque fois (la personne ne se souvient pas avoir demandé)
• Réponse courte
• Distraire ensuite
• Tableau avec infos (« Nous sommes lundi 15 janvier », « Marie vient à 15h »)
Accusations (vol, infidélité) :
• Ne pas se justifier, argumenter
• Valider émotion (« Tu es contrarié »)
• Aider « chercher » objet « volé » puis distraire
• Parfois lié à oubli où objet rangé
• Difficile émotionnellement pour aidant : se rappeler c'est la maladie
4. Aménagement du Domicile et Sécurité
Adapter l'environnement facilite vie quotidienne et prévient accidents.
Principes D'aménagement
Simplicité, clarté :
• Épurer (moins objets = moins confusion)
• Dégager passages
• Rangement logique, visible
Repères visuels :
• Étiquettes, pictogrammes (WC, chambre)
• Photos sur portes (chambre avec photo lit)
• Couleurs contrastées (ex : poignée porte couleur vive)
• Bande adhésive colorée contour WC (repérage)
Éclairage :
• Lumineux partout
• Éviter zones sombres (angoisse, chutes)
• Veilleuses nocturnes (chemin chambre-toilettes)
• Pas éblouissement
Stabilité :
• Pas déplacer meubles
• Environnement constant = sécurisant
Sécurité Pièce par Pièce
Cuisine :
• Plaques sécurisées (coupure auto, cadenas)
• Gaz condamné si possible → électrique
• Objets dangereux rangés (couteaux, produits toxiques)
• Surveillance si cuisine
Salle de bain :
• Tapis antidérapant douche/baignoire
• Barres appui
• Siège douche
• Mitigeur thermostatique (évite brûlures)
• Sol non glissant
• Retirer verrous (personne peut s'enfermer)
Escaliers :
• Rampes des deux côtés
• Bande antidérapante sur marches
• Éclairage optimal
• Barrière si nécessaire
• Idéalement : tout en plain-pied
Chambre :
• Lit hauteur adaptée (ni trop haut ni trop bas)
• Chemin dégagé vers toilettes
• Veilleuse
• Enlever tapis (trébuchement)
Général :
• Fils électriques rangés
• Sol non encombré
• Objets fragiles, précieux retirés
• Chauffage sécurisé
• Fenêtres sécurisées (entrebâilleurs, ne s'ouvrant pas complètement)
• Portes extérieures sécurisées (verrous hauts, alarmes)
• Plantes toxiques enlevées
• Médicaments sous clé
• Produits ménagers inaccessibles
• Téléphone simplifié (touches photos)
5. Préserver la Santé et L'équilibre de L'aidant
L'aidant familial démence doit impérativement penser à son propre bien-être pour tenir sur la durée.
Le soutien aidants est crucial.
Risques D'épuisement (Burn-out Aidant)
Aidant = rôle éprouvant :
• Physique :
Fatigue chronique
Troubles sommeil
Douleurs (dos, articulations)
Manque exercice, négligence santé
• Psychologique :
Stress intense, permanent
Anxiété
Dépression (très fréquente)
Culpabilité (jamais assez bien)
Deuil « blanc » (perte du proche tel qu'il était)
Sentiment solitude, incompréhension
Perte de soi (identité réduite à rôle aidant)
• Social :
Isolement progressif
Perte activités, loisirs
Tensions familiales, conjugales
Arrêt/réduction travail
• Conséquences :
Santé aidant se dégrade
Qualité accompagnement diminue
Risque maltraitance involontaire (épuisement limite patience)
Hospitalisation aidant
Institutionnalisation urgente proche
Reconnaître signes alerte :
• Fatigue permanente non récupérée
• Irritabilité, crises larmes
• Troubles sommeil, appétit
• Négligence santé propre
• Pensées noires
• Sentiment « n'en peux plus »
• Consommation alcool, médicaments
= Urgence agir
Pour comprendre ces enjeux, lisez comment prendre soin de soi quand on est proche aidant.
Stratégies de Préservation
Accepter limites :
• Vous n'êtes pas surhumain
• Vous ne pouvez pas tout faire seul
• Ce n'est pas un échec de demander aide
• Prendre soin de vous = nécessaire, pas égoïste
Demander aide :
• Famille, amis :
Expliciter besoins concrets (« Pourrais-tu venir 2h samedi pour que je sorte ? »)
Accepter propositions
Déléguer (courses, paperasse, visites)
• Professionnels :
Aide à domicile (toilette, repas, présence)
SSIAD (soins infirmiers)
Auxiliaire de vie
Livraison repas
Portage courses
Accueil de jour (voir ci-dessous)
• Répit indispensable :
Vous accorder temps réguliers sans proche
Loisirs, sorties, sport, amis
Recharger batteries
Maintenir identité propre
Accueil de jour :
• Structure spécialisée
• Proche y passe journée ou demi-journée (1 à plusieurs jours/semaine)
• Activités adaptées, stimulation, repas, surveillance
• Socialisation bénéfique pour proche
• Répit crucial pour aidant
• Pris en charge selon ressources (APA)
• À envisager sérieusement
Hébergement temporaire (séjours répit) :
• EHPAD accueille proche quelques jours/semaines
• Permet aidant partir vacances, se reposer
• Pris en charge partiel possible
Soutien psychologique :
• Psychologue spécialisé aidants
• Exprimer émotions, difficultés
• Apprendre stratégies gestion stress
• Déculpabiliser
• Consultations parfois remboursées (plateformes répit)
Groupes de parole, associations :
• France Alzheimer et maladies apparentées (cafés mémoire, groupes aidants)
• Association Française des Aidants
• Groupes locaux
• Partage expériences
• Conseils pratiques
• Soutien mutuel
• Sentiment moins seul
• Informations droits, aides
Prendre soin santé physique :
• Consulter médecin régulièrement
• Traiter problèmes
• Dormir (siestes si nuits perturbées)
• Manger équilibré
• Bouger (marche, sport doux)
• Pauses dans journée
Formations aidants :
• Proposées par associations, CLIC, plateformes répit
• Comprendre maladie
• Techniques communication, gestion comportements
• Soins pratiques
• Droits, aides
• Très utiles
S'autoriser émotions négatives :
• Normal ressentir colère, tristesse, lassitude
• Ne pas culpabiliser
• En parler (psy, groupe, proches)
Envisager institutionnalisation sans culpabilité :
• Si maintien domicile impossible (sécurité, santé aidant)
• EHPAD = pas abandon
• = Choix responsable pour bien-être des deux
• Qualité vie peut être meilleure (soins 24/7, activités, sécurité)
• Vous restez présent (visites) avec relation apaisée
Aides Financières et Droits
APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) :
• Aide pour personnes dépendantes (GIR 1-4)
• Finance aide à domicile, accueil jour, hébergement temporaire, matériel
• Selon ressources
• Demande Conseil Départemental
Droits aidant (si aidant en activité) :
• Congé proche aidant (rémunération sous conditions)
• Droit répit
• Aménagement temps travail possible
MDPH :
• Si proche < 60 ans : PCH (Prestation Compensation Handicap)
• Peut financer aide humaine
Caisses retraite :
• Aides spécifiques (aide ménagère, portage repas, etc.)
• Selon caisses
Mutuelles :
• Forfaits prévention, aide à domicile
• Vérifier contrat
Crédits d'impôt :
• Emploi aide à domicile : 50% crédit impôt
Se renseigner :
• CLIC (Centre Local Information Coordination gérontologique)
• CCAS (Centre Communal Action Sociale)
• Plateformes répit
• Associations
• Assistant social hôpital si proche hospitalisé
Accompagner une personne atteinte de démence, c'est avant tout préserver sa dignité et la qualité de la relation humaine.
C'est aussi reconnaître ses propres limites et oser demander de l'aide pour tenir sur la durée.
FAQ: Questions Fréquentes
Proposez des activités simples, familières et adaptées à ses capacités du moment : feuilleter des albums photos, écouter de la musique qu'elle aimait, faire des activités sensorielles (peinture, pâte à modeler), participer à des tâches du quotidien valorisantes (plier du linge, mettre la table).
L'important est que l'activité soit courte (15-30 minutes), procure du plaisir sans mettre en échec, et sollicite les sens.
Maintenez des routines rassurantes avec des horaires fixes.
Adaptez selon l'évolution de la maladie et observez ce qui apaise ou agite votre proche.
Restez calme et ne prenez pas les réactions personnellement – c'est la maladie qui s'exprime.
Cherchez d'abord la cause possible : douleur, besoin non exprimé (faim, soif, toilettes), peur, fatigue, sur-stimulation.
Rassurez avec une voix douce et un contact apaisant si accepté.
Évitez toute confrontation ou argumentation logique.
Distrayez en proposant une activité plaisante ou en changeant de pièce.
Validez les émotions sans alimenter un éventuel délire.
Si l'agressivité physique persiste, consultez le médecin (un traitement peut être nécessaire) et évaluez si le maintien à domicile reste possible.
De nombreuses ressources existent : associations comme France Alzheimer (groupes de parole, cafés mémoire, formations), services d'aide à domicile financés par l'APA, accueils de jour pour des journées de répit, plateformes d'accompagnement et de répit des aidants, soutien psychologique spécialisé, CLIC ou CCAS pour informations sur les aides financières et dispositifs locaux.
N'hésitez pas à solliciter votre médecin traitant qui peut vous orienter.
Demander de l'aide n'est pas une faiblesse mais une nécessité pour tenir sur la durée et préserver votre santé.