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Surestimons-nous Notre Risque de Maladie D'alzheimer ? ça Dépend…

Senior qui réfléchit à son risque de maladie d'Alzheimer sans céder à la panique.






En Bref : une Peur Fréquente, un Risque Réel… Mais Souvent Mal Évalué

Beaucoup de seniors se disent : « Je vais forcément finir avec la maladie d'Alzheimer », surtout lorsqu'ils ont des antécédents dans la famille ou qu'ils commencent à remarquer de petits oublis.
Résultat : une peur de la maladie d'Alzheimer parfois très forte, alors que le risque Alzheimer seniors réel est souvent plus nuancé.
Toutes les pertes de mémoire ne sont pas synonymes d'Alzheimer, et toutes les personnes âgées n'auront pas cette maladie.
Cet article ne sert pas à poser un diagnostic – cela relève d'un médecin – mais à vous aider à mieux comprendre ce qui influence le risque, ce qui relève du vieillissement normal, ce qui doit faire consulter, et comment gérer une peur parfois envahissante.

1. Pourquoi Avons-nous si Peur de la Maladie D'alzheimer ?

Avant de parler de chiffres et de facteurs de risque maladie d'Alzheimer, il est important de reconnaître ce que la maladie d'Alzheimer représente dans l'imaginaire collectif.

Une Maladie Qui Touche à ce Que Nous Avons de Plus Intime : Nos Souvenirs

La maladie d'Alzheimer ne touche pas seulement le corps, elle touche :
• La mémoire
• L'orientation
• Le langage
• La capacité de raisonnement
• La personnalité
Autrement dit, ce que nous considérons souvent comme notre identité.
Il est donc normal d'en avoir peur : la simple idée de « perdre la tête » est profondément angoissante pour la plupart des gens, encore plus lorsqu'ils ont vu un proche traverser cette maladie.

Des Images Médiatiques Souvent Centrées sur les Formes les Plus Graves

Les reportages, les films ou certains témoignages montrent souvent des stades avancés de la maladie, avec des situations très difficiles pour les patients et leurs proches.
On parle moins de :
• Les formes débutantes
• La diversité des évolutions
• Les aides possibles
• Les moments de lucidité qui persistent
• Les stratégies d'adaptation
Cela peut donner l'impression que la maladie d'Alzheimer est une fatalité uniforme, ce qui n'est pas tout à fait exact.

La Peur de Perdre le Contrôle de sa Vie

Pour de nombreuses personnes, la perspective d'Alzheimer renvoie à la peur de :
• Dépendre des autres
• Ne plus pouvoir décider pour soi
• Ne plus reconnaître ses proches
• Devenir un poids pour sa famille
• Perdre sa dignité
Reconnaître ces peurs, en parler, peut déjà permettre de les diminuer un peu et d'aborder le sujet de manière plus apaisée avec un professionnel de santé.

2. le Risque Réel : Important, Mais la Maladie N'est Pas une Fatalité pour Tout le Monde

La maladie d'Alzheimer est fréquente chez les personnes âgées, mais cela ne signifie pas que « tout le monde » l'aura.

L'âge : le Principal Facteur de Risque… Mais Pas une Garantie de Maladie

Plus on avance en âge, plus la fréquence des troubles cognitifs et des démences, dont la maladie d'Alzheimer, augmente.
C'est un fait bien documenté.

Quelques chiffres :
• Environ 5% des personnes de plus de 65 ans
• Environ 20% des personnes de plus de 80 ans

Pour autant, il existe de nombreuses personnes très âgées qui ne développeront jamais de démence.
Dire « à partir de tel âge, c'est forcément Alzheimer » est une simplification qui ne reflète pas la réalité médicale.
L'âge augmente le risque, mais ne le garantit pas.

Génétique et Antécédents Familiaux : ce Que Cela Signifie Vraiment

Avoir un parent atteint peut augmenter le risque, mais cela ne veut pas dire que la maladie est écrite d'avance pour les enfants.
La plupart des formes d'Alzheimer chez le sujet âgé ne sont pas dues à un seul gène déterminant.

Deux situations différentes :

Formes tardives (après 65 ans) : les plus fréquentes
Facteurs génétiques multiples + facteurs environnementaux
Le risque familial existe mais n'est pas absolu

Formes précoces et familiales : très rares
Liées à des mutations génétiques spécifiques
Ces cas restent minoritaires

Seul un spécialiste peut, si besoin, vous expliquer si une enquête génétique se discute dans votre famille.
Pour mieux comprendre le lien avec d'autres facteurs, consultez notre article sur l'intestin et le risque d'Alzheimer.

Des Facteurs de Risque sur Lesquels on Peut Agir

On parle de plus en plus des facteurs de risque maladie d'Alzheimer modifiables :
• Santé cardiovasculaire (tension, cholestérol)
• Diabète
• Hypertension artérielle
• Tabac
• Alcool (consommation excessive)
• Activité physique
• Lien social
• Audition (surdité non traitée)
• Sommeil
• Alimentation
• Stimulation cognitive
Agir sur ces éléments ne garantit pas l'absence de maladie, mais peut contribuer à réduire le risque global ou à retarder l'apparition des troubles.
C'est une bonne nouvelle : tout ne dépend pas uniquement de la génétique ou du « mauvais sort ».

3. Trous de Mémoire : ce Qui Est Courant… et ce Qui Doit Alerter

Une grande partie de l'anxiété et peur de perdre la mémoire vient de là : comment savoir si mes oublis sont « normaux » ou s'ils annoncent une maladie ?

Des Oublis Fréquents Mais Souvent Bénins

Exemples d'oublis courants et généralement sans gravité :
• Chercher ses lunettes qu'on a posées ailleurs par habitude
• Oublier ponctuellement un prénom ou un mot
• Mélanger des dates ou des détails
• Chercher ses clés
• Oublier pourquoi on est entré dans une pièce
• Perdre le fil d'une conversation si on est distrait

Ce type d'oubli arrive à beaucoup de personnes, surtout en cas de :
• Fatigue
• Stress
• Surcharge mentale
• Préoccupations
• Manque de sommeil

Dans ces cas, la mémoire finit souvent par revenir, ou l'oubli n'a pas de conséquences graves sur la vie quotidienne.

Des Signes Qui Nécessitent un Avis Médical

Ce qui inquiète davantage les médecins, ce sont des difficultés qui reviennent souvent et qui perturbent la vie de tous les jours :

Signes d'alerte :
• Se perdre dans un endroit familier (son quartier, sa maison…)
• Répéter les mêmes questions plusieurs fois dans la même journée sans s'en rendre compte
• Oublier des rendez-vous importants malgré l'utilisation d'un agenda
• Avoir du mal à gérer des tâches habituelles (payer ses factures, prendre ses médicaments, préparer un repas simple)
• Ne plus reconnaître des objets courants
• Placer des objets dans des endroits inappropriés (les clés au réfrigérateur…)
• Changements de comportement ou d'humeur inexpliqués
• Difficultés croissantes à suivre une conversation ou à trouver ses mots

Important : Ce n'est pas forcément Alzheimer, mais ce sont des signaux qui justifient une consultation pour faire le point.

L'avis des Proches : une Source D'information Précieuse

Parfois, la personne elle-même ne se rend pas bien compte des changements.
Ce sont les proches qui notent que la mémoire, le comportement ou l'organisation ne sont plus comme avant.

Si un proche vous fait part de ses inquiétudes :
• Ne le prenez pas mal
• Écoutez ce qu'il a remarqué
• Proposez d'en parler ensemble au médecin traitant
• Ne balayez pas la discussion d'un revers de main

Le regard extérieur peut parfois révéler des difficultés que nous ne percevons pas nous-mêmes.

4. en Parler à Son Médecin : un Pas Important pour se Rassurer ou Agir

Plutôt que de rester seul avec ses peurs ou de chercher des tests sur Internet, il est préférable de s'appuyer sur un professionnel de santé.
Savoir parler de sa mémoire à son médecin est essentiel.

Ce Que Votre Médecin Traitant Peut Faire pour Vous

Votre médecin peut :

Évaluer votre situation :
• Vous poser des questions sur vos oublis
• Vous interroger sur votre quotidien
• Vérifier vos autres maladies
• Examiner vos traitements actuels
• Évaluer votre humeur et votre sommeil
• Rechercher d'autres causes possibles (dépression, anxiété, médicaments, problèmes de thyroïde…)

Réaliser des tests simples :
• Tests de mémoire en cabinet
• Évaluation de l'orientation
• Tests de langage et de calcul

Décider de la suite :
• Vous rassurer si tout va bien
• Proposer un suivi régulier
• Vous orienter vers une consultation mémoire si nécessaire
• Prescrire des examens complémentaires (prise de sang, imagerie…)

Comment Préparer la Consultation pour en Tirer le Maximum

Avant la consultation, notez pendant quelques semaines :
• Les situations qui vous inquiètent
• Quelles difficultés précises vous rencontrez
• Dans quelles circonstances (fatigue, stress, moment de la journée…)
• Avec quelles conséquences sur votre vie quotidienne
• Ce que vos proches ont remarqué

Le jour de la consultation :
• Apportez vos notes
• Venez avec un proche de confiance si possible
• Il pourra donner son ressenti
• Il pourra vous aider à ne rien oublier
• Posez toutes vos questions

Cette préparation permet au médecin d'avoir une vision plus complète de votre situation.

Éviter L'auto-diagnostic sur Internet

Les tests de mémoire trouvés en ligne ou les listes de symptômes générales ne remplacent pas une évaluation médicale.

5. Quand la Peur D'alzheimer Devient Elle-même un Problème

Chez certaines personnes, la peur de la maladie d'Alzheimer devient si forte qu'elle gâche le quotidien.

Se Surveiller en Permanence… Jusqu'à S'épuiser

Relire dix fois la même phrase pour vérifier qu'on l'a bien comprise, tester sa mémoire tous les jours, passer son temps à se demander « est-ce que je deviens fou ? » : cette hypervigilance peut devenir très lourde.

Le cercle vicieux :
• L'anxiété elle-même perturbe la concentration
• Elle donne l'impression que la mémoire ne fonctionne plus
• Ce qui augmente encore plus l'anxiété
• Et ainsi de suite

Or, l'anxiété et peur de perdre la mémoire peut créer de véritables troubles de l'attention et de la mémoire, sans qu'il y ait de démence sous-jacente.

Éviter les Situations par Peur de se Tromper

Certaines personnes, par peur de montrer leurs oublis, évitent :
• Les conversations
• Les jeux de société
• Les sorties avec des amis
• Les situations nouvelles
• Les activités intellectuelles

Les conséquences :
• Isolement social
• Fragilisation de l'humeur
• Paradoxalement, fragilisation de la santé cognitive
• Cercle vicieux de repli sur soi

D'où l'importance d'en parler plutôt que de se replier.

Quand Demander une Aide Psychologique

Si la peur d'Alzheimer :
• Vous empêche de profiter de vos journées
• Vous réveille la nuit
• Vous empêche de vous concentrer sur autre chose
• Envahit constamment vos pensées
• Vous pousse à l'isolement
• Affecte votre qualité de vie

Il est temps d'en parler à votre médecin.


Il pourra, si besoin, vous orienter vers :
• Un psychologue
• Un psychiatre
• Une thérapie cognitive et comportementale
• Un groupe de parole

L'objectif : travailler sur cette anxiété, indépendamment de la question d'un éventuel trouble cognitif.
Prendre soin de votre santé mentale fait partie de la protection de votre cerveau.

6. Agir sans Panique : ce Que Vous Pouvez Faire à Votre Échelle

Même si le risque zéro n'existe pas, il est possible de poser des gestes concrets pour prendre soin de votre cerveau.

Prendre Soin de sa Santé Globale

Surveiller sa santé cardiovasculaire protège aussi le cerveau :
• Surveiller sa tension artérielle
• Contrôler son diabète si nécessaire
• Gérer son cholestérol
• Arrêter ou réduire le tabac
• Limiter l'alcool
• Suivre ses traitements prescrits

Ces mesures contribuent à protéger vos vaisseaux… et donc aussi votre cerveau.
Elles seront de toute façon bénéfiques pour :
• Votre cœur
• Vos reins
• Vos yeux
• Votre énergie globale
Pour plus d'informations sur la protection financière en cas de maladie, consultez notre article sur protéger les finances des seniors.

Bouger et Rester en Lien avec les Autres

Une activité physique adaptée et une vie sociale régulière sont deux piliers importants de la santé cognitive.

Activité physique :
• Marche régulière
• Gymnastique douce
• Natation
• Jardinage
• Vélo
• Tai-chi

Vie sociale :
• Voir régulièrement des amis
• Participer à des activités de groupe
• S'engager dans une association
• Maintenir le contact avec la famille

Il ne s'agit pas de performance, mais de régularité : mieux vaut une marche modeste mais fréquente qu'un effort exceptionnel puis plus rien pendant des semaines.

Stimuler Son Cerveau sans se Mettre la Pression

Autant d'occasions de solliciter votre mémoire, votre attention et votre curiosité :
• Lire des livres, des journaux
• Jouer à des jeux de société, des cartes
• Apprendre une nouvelle langue ou un instrument
• Bricoler, jardiner
• Participer à des ateliers
• Suivre des conférences
• Faire des mots croisés, du sudoku
• Cuisiner de nouvelles recettes

L'important :
• Choisissez des activités qui vous plaisent
• Ne vous forcez pas à faire des choses ennuyeuses
• Le but n'est pas d'entrer en compétition avec vous-même
• Mais de garder un cerveau vivant et engagé
• Variez les plaisirs
• Progressez à votre rythme

Avoir peur de la maladie d'Alzheimer est compréhensible, surtout lorsqu'on a vu un proche en souffrir.
L'enjeu n'est pas de nier cette peur, mais de la replacer dans la réalité : tout le monde n'aura pas Alzheimer, et il existe des moyens d'agir, de surveiller et d'être accompagné si nécessaire.

Neurologue spécialisé dans les troubles de la mémoire
Personne âgée qui parle de son risque de maladie d'Alzheimer avec son médecin.

FAQ: Questions Fréquentes

Est-ce que tout le monde finit par avoir la maladie d'Alzheimer en vieillissant ?

Non.
La maladie d'Alzheimer devient plus fréquente avec l'âge, mais toutes les personnes âgées n'en seront pas atteintes.
Certaines vivront très longtemps sans démence, d'autres développeront d'autres formes de troubles cognitifs.
L'âge est un facteur de risque important, mais il ne suffit pas, à lui seul, à prédire le futur de chaque individu.

Comment savoir si mes trous de mémoire sont inquiétants ?

Un oubli ponctuel, surtout en cas de fatigue ou de stress, est généralement banal.
Ce qui inquiète davantage les médecins, ce sont les troubles qui se répètent et qui gênent vraiment la vie quotidienne : se perdre dans des lieux familiers, oublier souvent des rendez-vous, avoir du mal à gérer ses comptes ou ses médicaments, répéter les mêmes questions plusieurs fois dans la journée.
En cas de doute, le mieux est d'en parler à votre médecin traitant, qui pourra évaluer la situation avec vous.

Que faire si la peur d'Alzheimer prend trop de place dans ma vie ?

Si vous pensez très souvent à la maladie d'Alzheimer, que cela vous empêche de profiter de vos activités ou vous pousse à éviter les autres, il est important d'en parler.
Votre médecin peut vérifier s'il existe ou non des troubles cognitifs et, indépendamment de cela, vous aider à gérer l'anxiété : parfois grâce à des explications rassurantes, parfois avec l'aide d'un psychologue ou d'un psychiatre.
Prendre soin de votre santé mentale fait partie intégrante de la protection de votre cerveau.

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